LE FÉTICHISME DES SEXES : DE LA LOGIQUE DE LA FÉMINITÉ ET DE LA MASCULINITÉ DANS LE PATRIARCAPITALISME

LE FÉTICHISME DES SEXES : DE LA LOGIQUE DE LA FÉMINITÉ ET DE LA MASCULINITÉ DANS LE PATRIARCAPITALISME

Distribution : DOD&Cie / Diffusion : Editeur

Auteur : ROBERT KURZ

Date de parution : 15/04/2027

Éditeur : CRISE & CRITIQUE

EAN : 9782490831470

15,00 € Pas Paru
Et si la différence entre le masculin et le féminin, telle que nous la percevons comme allant de soi, était elle-même une production historique de la société capitaliste ?
Contemporain d’une autre intervention décisive dans le champ de la théorie critique, La valeur, c’est le mâle de Roswitha Scholz, avec laquelle il entre en résonance étroite, cet essai de Robert Kurz applique le concept marxien de fétichisme à un domaine rarement interrogé à partir des formes sociales qui le constituent : les identités sexuelles.
Pourquoi la masculinité et la féminité nous apparaissent-elles comme des évidences naturelles, comme des qualités propres aux hommes et aux femmes ? Kurz montre que cette apparente naturalité dissimule des rapports sociaux historiquement produits. De même que, dans le capitalisme, les rapports sociaux entre les individus prennent la forme de rapports entre choses, les rapports entre les sexes peuvent se présenter comme des différences naturelles. C’est ce que Kurz appelle le « fétichisme des sexes ».
Cette hypothèse conduit à déplacer radicalement les termes du débat. Kurz s’en prend d’abord au marxisme traditionnel, qui a trop souvent considéré la domination des femmes comme une question secondaire par rapport à l’exploitation de classe. Mais il ne s’arrête pas là : il interroge également les limites d’un féminisme qui, en privilégiant l’égalité des droits, l’accès aux positions sociales ou la reconnaissance des identités, risque de laisser intactes les formes de socialisation qui produisent ces rapports. À l’inverse, les théories de la « différence » peuvent reconduire, sous une forme inversée, l’essentialisation du féminin.
Car la société capitaliste moderne n’est pas aussi neutre qu’elle le prétend. Derrière l’universalité apparente du sujet moderne se profile une norme masculine. Le sujet de la marchandise, du travail abstrait, de l’argent et de la rationalité économique ne constitue pas un universel abstrait sans sexe : il s’est historiquement formé à partir d’une structure androcentrée. La domination masculine n’est donc pas seulement affaire de comportements, de préjugés ou de rapports de pouvoir explicites. Elle plonge ses racines dans les formes sociales fondamentales de la modernité.
C’est ici que prend toute son importance le concept de dissociation, que Kurz développe en dialogue avec Roswitha Scholz. Que devient tout ce qui ne se laisse pas immédiatement saisir dans les catégories du travail abstrait et de la valeur ? Les activités de soin, les relations affectives, l’éducation, l’attention portée aux autres, le travail domestique : autant de dimensions indispensables à la reproduction de la société, mais rejetées dans son ombre et historiquement associées au féminin. La dissociation permet ainsi d’entrevoir une face cachée de la socialisation capitaliste — et de comprendre pourquoi ce qui semble relever de la « nature » des sexes pourrait être lié à l’organisation historique de la société.
L’enjeu est alors bien plus vaste qu’une théorie du genre. En interrogeant les séparations entre production et reproduction, économie et vie privée, rationalité et sensibilité, Kurz s’attaque aux catégories mêmes à travers lesquelles la modernité organise et pense le monde. La critique du patriarcat ne peut dès lors être isolée d’une critique de la socialisation capitaliste dans son ensemble.
Enfin, en faisant dialoguer critique de l’économie politique et psychanalyse, Kurz pousse cette critique jusque dans la constitution de la subjectivité. Masculinité et féminité ne sont plus seulement des rôles sociaux que l’on pourrait modifier à volonté : elles renvoient à des formes historiques de subjectivation, profondément inscrites dans la manière dont les individus modernes se rapportent à eux-mêmes et aux autres.
En prenant au sérieux ce que le capitalisme fait aux rapports entre les sexes, Kurz oblige ainsi à poser une question plus dérangeante encore : et si l’émancipation ne consistait pas simplement à rendre les hommes et les femmes égaux dans le monde existant, mais à comprendre et à dépasser les formes sociales qui ont produit cette opposition elle-même ?
  • Date de parution : 15/04/2027
  • Nombre de pages : 150
  • Nom : LE FÉTICHISME DES SEXES : DE LA LOGIQUE DE LA FÉMINITÉ ET DE LA MASCULINITÉ DANS LE PATRIARCAPITALISME
  • Largeur : 140
  • Hauteur : 205
  • State : Pas Paru
  • Catégorie : LIVRE
  • Rayon : SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES, LETTRES
  • Theme name : Sociologie, sciences sociales
  • Prix : 15,00 €

Auteur : ROBERT KURZ